Modem Orange

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jeudi 21 février 2008

Les banlieues

On pourrait croire qu'il n'existe que deux courants au sujet des banlieues. D'un coté la droite, qui propose de régler les problèmes avec fermeté et répression. De l'autre la gauche, qui propose de régler le problème à coup de milliards d'euros de subventions pour diverses associations. Au milieu de ces courants totalement opposés, difficile d'exister, d'incarner une troisième voix, tant les deux précédentes sembles évidentes et teintées de bon sens, malgré leur simplicité.

La campagne présidentielle a été l'occasion pour chaque tendance politique de recadrer et d'actualiser ses positions. D'un coté, la gauche sous l'impulsion de Segolène Royal a opté pour une politique beaucoup plus à droite, avec une tonalité plus répressive (police des quartiers, centres éducatifs fermés militarisés si nécessaires). Toutefois, la gauche propose aussi de renforcer les moyens humains. Et c'est là l'entourloupe. On ne peut pas construire des centres éducatif fermés, recruter du personnel pour ces derniers et puis en parallèle renforcer les moyens humains dans les quartiers difficiles. C'est symbolique du pacte présidentiel de Ségolène Royal, qui enchaîne les propositions coûteuses pour un Etat lourdement endetté (65% du PIB, nous avons dépassé le Canada de la "mauvaise époque" mais qui a su se relever). Même si les banlieues sont une priorité, concentrer davantage de moyens sur celles ci résulterait à négliger certains domaines primordiaux comme la justice, la culture, l'administration, la défense etc... Qu'importe ! Segolène Royal (et le PS) ont fait fi de tout ça, et se sont retrouvé bien mal à l'aise face à François Bayrou évoquant la dette au début 2007, ce qui a expliqué la baisse dans les sondages de Segolène Royal et la hausse de François Bayrou. Le PS n'arrivait pas à se défendre, à juste cause, que pouvaient-ils dire ? C'est alors que Nicolas Sarkozy, assuré de gagner face à Royal mais bien moins face à Bayrou (voire pas du tout) a joué un coup de maître en créant une "Cellule anti Bayrou" * * afin de le contrer, chose qu'ils firent avec brio, en entretenant le même discours "Bayrou il est naze, il veut économiser, alors qu'un Etat qui ne dépense pas est un Etat ineficace". Habilement (par d'autres procédés, comme une pseudo adoption de l'ouverture), Nicolas Sarkozy a non seulement stoppé Bayrou a 24% juste devant Royal en Mars 2007, mais par la suite à réussi à l'éloigner au forcing pour revenir à 16% la veille du 1er tour. Un coup de maître, qui occulterait presque le principal sujet, que j'abordais depuis le départ, les banlieues. Revenons à nos moutons... La gauche, je l'ai bien dit (il me semble), son programme sur les banlieues est irréaliste. C'est comme si je promettais le TGV pour toutes les régions de France, forcément c'est magnifique ! Mais est-ce pour autant réalisable ? Beaucoup, mais alors beaucoup de gens, ne s'arrêtent qu'à la "gueule d'un programme", sans s'interroger sur sa réelle pertinence, sur le fait qu'il pourra ou non être appliqué. Voilà pourquoi je dis que le programme de gauche est nullissime sur les banlieues, il n'est tout simplement pas applicable.

La droite, elle, s'est aussi recadrée, tenant un discours plus ferme, mettant en avant les investissements faits dans les banlieues systématiquement détruits/gachés/mis à l'échec par une minorité de délinquants. Ce fait justifie, selon la doctrine sarkozyste, l'emploi de la force. Pour ces derniers, il faut assainir les banlieues, se débarrasser de la racaille puis reconstruire les banlieues dans un climat plus serein. Plutôt séduisant n'est ce pas ? Et pourtant, là encore, il faut du recul. Deux questions me viennent à l'esprit : Pourquoi ce racaillisme ? Comment s'en débarrasser ? Si on s'interroge vraiment là dessus, on comprend que ce qui dit Sarkozy n'est que pure débilité. Comment concrètement s'occuper de la minorité violente ? En les enfermant en prison, alors qu'elles sont surpeuplées ? En les expulsant alors qu'ils sont déjà français ? Et tant bien même, qu'est ce qui justifie le fait qu'on doive s'en "débarrasser" ? Ne serais-ce pas plus judicieux de s'interroger sur le pourquoi du comment ? Pourquoi tant de violence, de haine ? J'ai ma réponse à la question, mais je ne l'évoquerai pas maintenant, car l'article serait trop long, je me contente pour le moment des propositions de chacunes et de chacuns. Là encore, le programme de la droite est séduisant, mais avec le recul on se rend compte que ce n'est que du pur délire.

Alors donc, qui peut incarner la vraie solution, l'espérance pour les banlieues ? On va dire que je radote, mais force est de constater que Bayrou est une solution crédible et porteuse d'espoirs. François Bayrou, présente un mélange de fermeté et de respect, et ce, depuis 2002 (plus longtemps que beaucoup ne le croient). S'en réferer à cette vidéo :

Il n'y a pas suffisement de service public dans les banlieues, c'est un fait. Au lieu d'en implanter en plbayrouus, il est plus judicieux de répartir équitablement les moyens. Et pas besoin d'être Bac + 12 pour comprendre qu'il y a comme qui dirait une petite inégalité. Bien sûr, il faut abandonner le discours des bisounours, et renforcer les moyens policiers, mais il faut aussi être humain, donner de l'espérance aux jeunes des cités, changer leur éducation, revoir totalement les services publics et les moyens qu'on leur accorde. N'est ce pas plus judicieux ? Est ce que ça coute de l'argent à l'Etat ? Non. 40 Milliards d'euros dépensés en 15 ans pour les banlieues, pour quel résultat ? L'important c'est pas la quantité d'argent, mais bien l'utilisation que l'on en fait. Et une nouvelle fois, force est de constater qu'il y a des progrès à faire ! Bayrou est bien vu dans les banlieues *, reste à lui, et au MoDem, de convaincre maintenant. Il y a du travail à faire !

Annexe - Les programmes des candidats de gauche, centre et droite aux présidentielles de 2007 :


Posté par modorange à 20:00 - L'esprit léger - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Il faut raser les banlieues

Le fait de rassembler les pauvres dans des quartiers où ils ne verront que la pauvreté ne peut pas les aider à s'en sortir.

La seule solution sur le long terme c'est la mixité sociale. Et pensons à nos campagnes qui se vident. Mais sur le court terme tu a raison.

Posté par vincent 15, mardi 26 février 2008 à 07:28

A long terme raser les cités c'est effectivement la bonne solution.
Il y a 20 ans, dans les cités on trouvait des instituteurs, des fonctionnaires etc... Maintenant, la plupart du temps, y sont entassés des chômeurs, des Rmistes, des travailleurs pauvres. Des ghettos en somme.
Malheureusement, le remplacement de toutes les cités est un travail titanesque (voire pharaonique) donc ça risque de prendre du temps... beaucoup de temps. D'où la nécessité de mener en parallèle une politique à court terme. ^^

Posté par Modorange, mardi 26 février 2008 à 22:41

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