jeudi 20 mars 2008
Article interessant de Libération sur le MoDem
Voici -enfin- un article objectif sur le MoDem, qui pèse clairement le pour et le contre, avec un certain recul. Bravo au rédacteur, Mathieu Lindon, qui montre qu'il reste encore des journalistes, non pas compétents, mais simplement neutres et objectif, honnêtes en somme.
Vox populi
Les yeux plus gros que le centre ?
Mathieu Lindon
QUOTIDIEN : samedi 15 mars 2008
Au secours, le centre arrive : la façon dont est traité le Modem ces jours-ci est suspecte. On lui reproche de nouer des alliances à la fois à droite et à gauche, mais ça a au moins le mérite de la clarté, puisque François Bayrou a toujours expliqué que c’était justement ça qu’il voulait faire. Surtout, on comprend mal le moment choisi pour fomenter cette critique. A Dijon, le Modem s’est allié avant le premier tour avec le socialiste François Rebsamen ; à Bordeaux, avec l’UMP Alain Juppé (lesquels ont tous deux gagné dès dimanche dernier). Dans ces conditions, si ces accords multiples gênaient le PS ou la droite ou les journalistes, il n’était pas nécessaire d’attendre cette semaine pour les remarquer. Vérité en deçà du premier tour, mensonge au-delà ? En outre, de la part des socialistes, qui se sont étripés entre partisans du oui et du non pour le référendum sur la Constitution européenne avant de décider de s’abstenir sur le traité simplifié, ce mépris des positions multiples a de quoi surprendre. Et c’est difficile pour l’UMP de prétendre qu’il s’agit d’élections locales pour exiger ensuite une espèce d’accord national avec le Modem. François Bayrou n’est pas tant partisan du ni droite ni gauche que du gauche et droite (il devrait pouvoir s’entendre avec Ségolène Royal et le PS). La balle est au centre, engage qui veut.
On parle parfois de bons candidats du premier tour, qui réunissent leur camp, et de bons candidats du second tour, qui rassemblent au-delà. François Bayrou et le Modem sont d’excellents candidats de l’entre-deux-tours. L’entre-deux est d’ailleurs leur marque. Ils sont le jambon dans le sandwich, c’est la bonne place. Il n’y en a pas beaucoup mais c’est ce qui donne le goût. On les critique pour être à géométrie variable, mais, un centre indépendant, il faudrait que les géomètres fixes nous expliquent. Bientôt, on reprochera à François Bayrou d’organiser une tournante à travers la France, un coup à droite, un coup à gauche. Quand le centre était à droite, personne ne s’offusquait ; maintenant qu’il prétend être au centre, indignation générale - car le Modem est vraiment l’ennemi, dans chaque camp, à voir comment les médias l’ont traité cette semaine. On dirait qu’il est devenu l’extrême centre et qu’il faut le combattre au nom de la lutte contre tous les extrémismes. C’est extraordinaire ces gens qui n’ont pas la reconnaissance du centre et font la fine bouche. De Charles Millon aux communistes de Georges Marchais, les grands partis démocratiques français ont connu des alliances plus problématiques que celles avec le Modem. Même si François Bayrou n’est pas en odeur de sainteté, il dégage moins de relents que certains amis, naguère.
En vérité, on voit bien que François Bayrou veut être élu président de la République en 2012, et on estime qu’il a les yeux plus gros que le centre. Pour le coup, on comprend que les électeurs se sentent floués : à quoi ça sert d’être à gauche ou à droite si ça se joue au centre, si c’est une poignée de farfelus indécis qui décident ? Le centre ne croît guère mais il se multiplie. Il n’existe qu’en cessant d’être ce qu’il est, en virant à droite ou à gauche. On trouve en lui quelque chose de suisse, une neutralité ou un engagement à géométrie variable, même si les coffres du Modem sont sûrement moins bien garnis que ceux des banques helvètes, d’autant qu’il tâche à merveille de faire office de Croix-Rouge électorale.
Voici un autre article intéressant sur le MoDem et Bayrou en particulier, toujours à Liberation.
jeudi 13 mars 2008
Le MoDem 2008, et après ?
Lundi, faute de mieux, j'ai regardé l'émission On n'est pas couché,
sur M6. A un moment, le sujet était les municipales. L'émission me
conforta dans mon ressenti vis à vis du MoDem auprès de l'opinion
publique : une méfiance croissante, voire même un mépris. C'est tout à
fait que je ressens tout autour de moi, dans les milieux populaires
notament : le MoDem ne séduit plus.
En cause ? Plusieurs
éléments. Le premier, c'est un manque flagrant de communication : la
stratégie du MoDem d'alliance au cas par cas est excellente et
novatrice, mais dans l'ensemble mal comprise car floue. Le deuxième
élément, c'est l'omniprésence de François Bayrou au sein du MoDem, ce
qui donne l'impression que celui ci gère le parti d'une manière
totalitaire.
Les médias nous accordent trop peu d'importance. Il
est donc nécessaire de bien négocier le peu de temps d'antenne qu'on
nous accorde.
Voici ce que je préconise :
L'emmergence de
nouvelles têtes au MoDem, comme Philippe Meyer, Corine Lepage, Jean
Peyrelevade, Jean Lassale. Mais ce ne sont que des exemples ! Il faut
montrer le parti dans sa diversité, et non le centrer sur François
Bayrou. Il faut montrer que même si Cavada, Mercier, Morin et d'autres
sont partis, NON le béarnais n'est pas seul, il y a encore plein de
monde autour de lui ! Il faut aussi montrer les 70.000 adhérents dans
leur puissance, leurs actes. Tel l'Hydre, lorsque l'on coupe une tête
au MoDem, il en repousse
aussitôt une autre, plus forte, plus
combative ! Il faut aussi dynamiser les structures de jeunes, montrer à
ces jeunes, que contrairement au MJS et aux Jeunes Populaires ; au
MoDem, on nous écoute, on répond à nos attentes.
Je ne sais pas
si les instances vont m'écouter, je sais pas si je dois envoyer un MAIL
à la direction du parti (voire même à François Bayrou !), mais il est
vraiment primordial de mener cette politique. Même si à la tête du
MoDem on en a peut être rien à foutre du militant lambda, il est
essentiel de s'en soucier. C'est en montrant aux militants du respect
que, contrairement aux autres appareils politiques, par le bouche à
oreille entre militants du MoDem et non militants, nous attirerons du
monde, intéressés par une nouvelle façon de faire de la politique,
ensemble, d'où qu'on vienne, qui que l'on soit, mais qui regardons vers
un même objectif : le redressement de notre putain de France !
Merde ! Qu'on me donne les moyens de m'exprimer pleinement au MoDem, et alors je prendrai ma carte !
Lors
des prochaines élections, nous aurons alors un parti nouveau,
dynamique, et surtout novateur, respectueux des militants et donc des
Français. Cet élément pèsera, face à la démagogie de la droite
sarkozyste et à l'arrogance du parti socialiste agonisant. Une fenêtre
étroite est à saisir, allons y !
jeudi 6 mars 2008
Denis Olivennes, la bonne blague
Tout le monde se souvient de ce charmant jeune homme qui, il y a quelques mois, remettait un rapport préconisant des méthodes "liberticides" pour lutter contre le piratage informatique, l'un des fléaux de l'humanité. Pour rappel le rapport préconisait de supprimer le forfait internet de ceux qui téléchargeraient, après avoir bien sûr, été avertis. Mais vu que les FAI n'étaient pas contents, pour remettre du baume au coeur, le rapport préconise aussi d'obliger les ex-abonnés à payer leur abonnement qui leur aurait pourtant été supprimé. Voilà bien une situation qui aurait été pittoresque, à l'image de ce jeune homme, scandalisé par les pertes que lui occasionnent le téléchargement illégal lui même épinglé dans une sombre affaire de revente de CD/DVD piratés. Bien que la Sacem ne l'accuse par directement, étant président du groupe FNAC, épinglé par la Sacem, il porte une part de responsabilité. Voici un article que j'ai c/c à partir d'ici.
La Sacem soupçonne la FNAC de piratage
Oops, mauvaise nouvelle pour le chevalier blanc de la lutte contre
le piratage Denis Olivennes. Le patron de la FNAC aurait-il oublié de
faire le ménage dans sa propre maison avant d'attaquer les internautes
? C'est ce que laisse entendre un article paru mercredi dans le Canard
Enchaîné...
Denis Olivennes s'est fait le héraut de la lutte contre le
piratage en France. L'auteur du pamphlet "la gratuité, c'est le vol"
(Grasset, 2007) a été investi par Nicolas Sarkozy d'une mission sur la
lutte contre le téléchargement illégal, qui a débouché sur le retour de
la riposte graduée censurée par le Conseil constitutionnel, et un
projet de loi déjà très contesté. Le Canard Enchaîné révèle ce matin
que la Sacem enquête depuis deux mois sur une série de "vidéos
suspectes" trouvées chez le premier disquaire de France. "Des concerts
'live' -souvent inédits - de grands groupes de rock, commercialisés
sous un étrange label, 'Wow Corporation', une maison jusque là inconnue
des professionnels du disque", indique le journal. Sont concernés
notamment des lives des Rolling Stones, d'Eric Clapton, de Jimi
Hendrix, ou encore de Queen. Selon toutes vraisemblances, même si rien
n'est encore affirmé, il s'agirait de bootlegs, c'est-à-dire
d'enregistrements pirates distribués sans autorisation. Ces
enregistrements sont également proposés sur le site de la Fnac.
L'étrange label (qui n'est pas le seul sous le collimateur de la
Sacem) n'a ni adresse ni site internet, et se présente comme une
société américaine. Mais selon la Sacem, qui perçoit et répartie des
droits d'enregistrements au bénéfice des auteurs, des compositeurs et
des éditeurs, c'est en ex-Yougoslavie que la soit-disant maison de
disques est installée. L'emballage des DVD est bas de gamme, leur prix
est d'ailleurs moins fort que la moyenne, et le tout est de très basse
qualité. "Parfois, à l'écran, on voit un logo dans un coin,
grossièrement flouté", raconte Benoît Solignac-Lecompte (BSL),
responsable du service contrôles et enquêtes de la Sacem.
Pour ne pas faire tâche dans l'alliance contre le piratage, la
Sacem refuse visiblement d'accuser clairement la Fnac de vendre des DVD
pirates. Mais BSL reproche tout de même aux "gens de la Fnac" qui
commandent les références d'être "un peu légers quand ils achètent ces
produits-là".
Le plus drôle est la réponse de la FNAC. "Nous achetons 262.000
références par an et nous avons plus de 600 fournisseurs. Ils savent ce
qu'ils nous vendent, ils sont responsables. C'est à eux d'être
honnêtes. On ne va pas, à chaque commande, demander au fournisseur
qu'il nous prouve que son produit possède toutes les autorisations.
Maintenant, si quelqu'un nous prouve qu'il n'est pas légal, on le
retire des rayons", explique au Canard Guy Messina, directeur du disque
et de la vidéo chargé des achats du groupe.
C'est exactement le même argument qui est soulevé par les
responsables de sites ou de serveurs P2P, ou les sites comme
Dailymotion ou Youtube, lorsqu'ils reportent la faute sur les
utilisateurs qui partagent ou uploadent des contenus illicites.
Pourquoi l'argument serait-il valable pour la Fnac lorsqu'elle vend ces
contenus et ne le serait-il plus lorsqu'il touche des échanges à titre
gratuit ?
Je trouve que cet article résume bien la situation. Mais en quête d'informations supplémentaires, je suis tombé sur cet article de Libération. Ce qui m'a le plus alerté, ce sont les réactions très sulfureuses de personnes qui se présentent comme (ex) employés de la FNAC ou témoins de scènes étranges. Florilège :
Il y avait une AG à 12 h à l'entrée du magasin de la Fnac forum. Un
délégué a dénoncé la politique anti sociale d'Olivennes : "Au lieu de
faire du fric sur des pirates, il ferait mieux d'augmenter ses
employés". En même temps, la direction courait dans tous les sens pour
vider les bacs des dvd et cd suspects. Il ne restait pas grand chose
dans les bacs. Quel honte !
Honte à La Fnac qui le sait et vend du pirate impunément.
Tout ça pour une question de marges !!!
Oui La Fnac est devenue comme Darty et Boulanger.
Clients sachez que la direction nous oblige à vous mentir.
Le temps du conseil et du besoin du client est révolu.
Aujourd'hui, on nous incite à vous vendre non ce que vous avez besoin
mais ce que le siège veut vendre.
Il faut vendre du service, de l'extention de garantie et de l'assurance
à tout prix. Vous avez un budget ? Ok on le diminue expres en vous
collant un produit moins cher et moins performant mais avec une
garantie supplémentaire par dessus.
Les offres adhérents ? Vous pensez réaliser une affaire avec une belle
remise ? C'est faut, le produit à une marge de 20 à 30% et le prix de
départ est augmenté pour faire croire au miracle.
Olivennes tu l'emporteras pas au paradis !!!
Merci pour tout M. le Président. Non content de nous mépriser, vous
méprisez les clients, les producteurs et les artistes. Vous avez terni
l'image de notre entreprise. un peu de courage pour une fois : donnez
votre démission.
La direction de la fnac a beau se réfugier derrière des milliers de
références en vente à la fnac pour feindre l'ignorance, mais la
réalité, c'est qu'elle savait que des enregistrements piratés y étaient
vendus.
Depuis plus d'un an, les représentants du personnel ont soulevé ce
problème auprès de la direction.
Il y a même quelques semaines, un syndicat a diffusé un tract dont le
titre était: "Une racaille nommée Olivennes". Celui-ci a réagit au
titre mais la fnac a continué à vendre ces enregistrements illégaux.
Alors que le Monsieur, dans un nouveau règlement intérieur, menace les
salariés de sanctions s'ils se livrent à une copie 'd"oeuvres de
l'esprit", qu'il entend les faire fouiller à leur entrée et leur sortie
du magasin;
alors qu'il accuse ses clients de piratage et les menacent de
représailles, dès qu'il s'agit de fric facilement gagné et d'opérations
commerciales juteuses, il oublie toute morale.
Ce patron nous fait honte, et en tant que représentants du personnel,
nous sommes prêts à témoigner que Olivennes savait ce qui se passait.
Cette enseigne doit retrouver ce qui fut naguère sa force: son
honnêteté vis à vis du client.
Nous ne voulons pas que l'on nous force à vendre des services qui font
parfois doublon avec les garanties constructeurs, nous voulons pouvoir
diffuser les produits culturels en fonction de leur qualité et non en
fonction de leur rentabilité (directement reversée à l'actionnaire),
nous voulons retrouver notre image.
Au fait, lorsque Olivennes parle d'une augmentation de 6% en 2 ans pour
les salaires, il s'agit uniquement du relèvement par la Convention
Collective du salaire mini après 6 mois d'embauche au environ de 1300€
brut !
Cette nouvelle ne me surprend guère, je me souviens il y a quelques
années avoir été témoin à une des FNAC du sud de la France [Cannes] d'une scène
qui m'avait fait penser qu'un trafic de ce genre se passait. Ma mémoire
défaille un peu, mais il s'agissait à l'époque de K7 ...
Fichtre ! Mais qui croire ?
vendredi 29 février 2008
Rencontre avec des jeunes démocrates d'Alençon
Hier a été l'occasion pour moi de rencontrer des jeunes démocrates (jeunes MoDem) d'Alençon dans le cadre d'un rendez vous informel.
J'y ai rencontré le secrétaire des JD de l'Orne, le responsable de la section des JD et un ex MJS reconverti au centrisme. Nous avons échangé pendant près d
e deux heures et demi sur d'abord les municipales, puis les enjeux nationaux, même si les échéances sont lointaines (j'avoue, c'est moi qui ait lancé le débat ^^).
Les municipales tout d'abord, et quelle ne fut pas, en premier, ma déception en voyant qu'il n'y aurait pas de liste MoDem à Alençon, mais une alliance entre les divers droite, les UMP et le MoDem, tout ceci sous la coupe de Marc Le Picard, adjoint au sports propulsé candidat de la droite et du centre. J'ai été très déçu par cette alliance, car la droite n'a pas un bilan fantastique à Alençon de prime abord (la question est de savoir si la gauche aurait fait mieux). Les deux JD m'ont expliqué ce choix qui me paraissait étrange. En fait, apparemment, le MoDem au départ cherchait à être indépendant et à présenter un projet, mais ce n'était que du bluff car les centristes alençonnais n'avaient pas assez "d'hommes de compétences" pour présenter une liste, ils ont
donc attendu le moment des alliances. Et, d'après ce qu'on m'a dit, fort de ses 55% à Alençon lors des législatives, le candidat socialiste a littéralement snobé le MoDem, ne voyant pas l'utilité d'une alliance. En revanche, la droite (qui n'est pas UMP, loin de là), a proposé une alliance au MoDem, avec à la clé trois oranges dans la liste (sur 35) avec aussi quelques éléments de gauche. J'étais sceptique, quand on voit la stratégie de "fausse ouverture" de l'UMP. Oui mais cette liste, c'est pas l'UMP. Finalement, je me suis laissé un peu convaincre, par les arguments présentés. Le premier, c'est que contrairement à la liste de gauche, la liste de droite présente de nombreuses personnalités compétentes dans leur domaine, ce qui ne semble pas être le cas de la liste "socialiste" (j'ai vérifié). De plus, la liste de gauche, extrêmement sectaire s'oppose totalement à la liste de droite, beaucoup plus ouverte. Enfin, le bilan de la droite à la tête d'Alençon n'est pas si mauvais, m'a-t-on fait comprendre. Là je reste sceptique, mais Alençon et la droite alençonnaise est quand même dans une situation analogue à celle de ce pauvre Giscard lorsqu'il était président de la République, à savo
ir une catastrophe économique qui a fait très mal à la ville : la fermeture de l'usine mère de Moulinex, celle d'Alençon, avec 1000 emplois en moins, sans compter les nombreux sous traitants. Alençon a innové (dans les limites de ses moyens), je me souviens d'un article du Point sur le "Rebond d'Alençon, les clefs du succès" qui faisait l'éloge de la gestion post-Moulinex. Finalement, je suis presque décidé, même si réfléchirai encore, je pense voter pour la liste Divers droite - UMP - MoDem pour les municipales, de toute façon vu le programme des autres listes (PS-PCF et LCR) "élisez moi parce que la ville et molle et que Sarkozy il est méchant", le choix semble être fait d'avance.
Deuxième sujet de notre rencontre, les prochaines échéances nationales pour le MoDem, débat que j'ai la
ncé ! ^^ La vision personnelle que je leur est présentée, c'est une grande campagne pour les européennes (2009), à la proportionnelle donc il y a un coup à jouer, puis un succès éclatant, puis une lente recomposition de la famille centriste, et enfin un grand coup en 2012, face à un Sarkozy affligeant et une gauche, incapable de se réformer, arrogante, snobinarde, méprisante (je manque d'adjectifs !). Mais tout cela il va falloir le préparer, comme nous l'avons souligné lors de notre discussion, l'important étant de "récupérer" le plus de déçus de la droite et de la gauche possibles. Le chemin est long ! Par contre, j'ai oublié de leur parler d'une autre stratégie qui me semble bienvenue de mettre en place en parallèle, plus populaire/populiste, basée sur une relation étroite avec les gens démunis et défavorisés, mais basée aussi sur la vérité, et non la démagogie, afin de "s'accaparer" le précieux (mais si moutonneux :( ) vote populaire pour les prochains scrutins nationaux. Un travail de titan, possible, avec une réelle volonté de faire de la politique autrement, sans mensonges, sans démagogie, sans mépris pour les gens. Même si il y a beaucoup de naïfs, il ne faut pas les traiter avec mépris, mais leur exposer un discours de vérité, face aux machines à entuber, de droite et de gauche. Un pari difficile, mais j'aime les défis.
PS : Vous remarquerez que j'ai profité de la rédaction de cet article pour vous glisser quelques beaux clichés d'Alençon. ^^
jeudi 21 février 2008
Les banlieues
On pourrait croire qu'il n'existe que deux courants au sujet des banlieues. D'un coté la droite, qui propose de régler les problèmes avec fermeté et répression. De l'autre la gauche, qui propose de régler le problème à coup de milliards d'euros de subventions pour diverses associations. Au milieu de ces courants totalement opposés, difficile d'exister, d'incarner une troisième voix, tant les deux précédentes sembles évidentes et teintées de bon sens, malgré leur simplicité.
La campagne présidentielle a été l'occasion pour chaque tendance politique de recadrer et d'actualiser ses positions. D'un coté, la gauche sous l'impulsion de Segolène Royal a opté pour une politique beaucoup plus à droite, avec une tonalité plus répressive (police des quartiers, centres éducatifs fermés militarisés si nécessaires). Toutefois, la gauche propose aussi de renforcer les moyens humains. Et c'est là l'entourloupe. On ne peut pas construire des centres éducatif fermés, recruter du personnel pour ces derniers et puis en parallèle renforcer les moyens humains dans les quartiers difficiles. C'est symbolique du pacte présidentiel de Ségolène Royal, qui enchaîne les propositions coûteuses pour un Etat lourdement endetté (65% du PIB, nous avons dépassé le Canada de la "mauvaise époque" mais qui a su se relever). Même si les banlieues sont une priorité, concentrer davantage de moyens sur celles ci résulterait à négliger certains domaines primordiaux comme la justice, la culture, l'administration, la défense etc... Qu'importe ! Segolène Royal (et le PS) ont fait fi de tout ça, et se sont retrouvé bien mal à l'aise face à François Bayrou évoquant la dette au début 2007, ce qui a expliqué la baisse dans les sondages de Segolène Royal et la hausse de François Bayrou. Le PS n'arrivait pas à se défendre, à juste cause, que pouvaient-ils dire ? C'est alors que Nicolas Sarkozy, assuré de gagner face à Royal mais bien moins face à Bayrou (voire pas du tout) a joué un coup de maître en créant une "Cellule anti Bayrou" * * afin de le contrer, chose qu'ils firent avec brio, en entretenant le même discours "Bayrou il est naze, il veut économiser, alors qu'un Etat qui ne dépense pas est un Etat ineficace". Habilement (par d'autres procédés, comme une pseudo adoption de l'ouverture), Nicolas Sarkozy a non seulement stoppé Bayrou a 24% juste devant Royal en Mars 2007, mais par la suite à réussi à l'éloigner au forcing pour revenir à 16% la veille du 1er tour. Un coup de maître, qui occulterait presque le principal sujet, que j'abordais depuis le départ, les banlieues. Revenons à nos moutons... La gauche, je l'ai bien dit (il me semble), son programme sur les banlieues est irréaliste. C'est comme si je promettais le TGV pour toutes les régions de France, forcément c'est magnifique ! Mais est-ce pour autant réalisable ? Beaucoup, mais alors beaucoup de gens, ne s'arrêtent qu'à la "gueule d'un programme", sans s'interroger sur sa réelle pertinence, sur le fait qu'il pourra ou non être appliqué. Voilà pourquoi je dis que le programme de gauche est nullissime sur les banlieues, il n'est tout simplement pas applicable.
La droite, elle, s'est aussi recadrée, tenant un discours plus ferme, mettant en avant les investissements faits dans les banlieues systématiquement détruits/gachés/mis à l'échec par une minorité de délinquants. Ce fait justifie, selon la doctrine sarkozyste, l'emploi de la force. Pour ces derniers, il faut assainir les banlieues, se débarrasser de la racaille puis reconstruire les banlieues dans un climat plus serein. Plutôt séduisant n'est ce pas ? Et pourtant, là encore, il faut du recul. Deux questions me viennent à l'esprit : Pourquoi ce racaillisme ? Comment s'en débarrasser ? Si on s'interroge vraiment là dessus, on comprend que ce qui dit Sarkozy n'est que pure débilité. Comment concrètement s'occuper de la minorité violente ? En les enfermant en prison, alors qu'elles sont surpeuplées ? En les expulsant alors qu'ils sont déjà français ? Et tant bien même, qu'est ce qui justifie le fait qu'on doive s'en "débarrasser" ? Ne serais-ce pas plus judicieux de s'interroger sur le pourquoi du comment ? Pourquoi tant de violence, de haine ? J'ai ma réponse à la question, mais je ne l'évoquerai pas maintenant, car l'article serait trop long, je me contente pour le moment des propositions de chacunes et de chacuns. Là encore, le programme de la droite est séduisant, mais avec le recul on se rend compte que ce n'est que du pur délire.
Alors donc, qui peut incarner la vraie solution, l'espérance pour les banlieues ? On va dire que je radote, mais force est de constater que Bayrou est une solution crédible et porteuse d'espoirs. François Bayrou, présente un mélange de fermeté et de respect, et ce, depuis 2002 (plus longtemps que beaucoup ne le croient). S'en réferer à cette vidéo :
Il n'y a pas suffisement de service public dans les banlieues, c'est un fait. Au lieu d'en implanter en pl
us, il est plus judicieux de répartir équitablement les moyens. Et pas besoin d'être Bac + 12 pour comprendre qu'il y a comme qui dirait une petite inégalité. Bien sûr, il faut abandonner le discours des bisounours, et renforcer les moyens policiers, mais il faut aussi être humain, donner de l'espérance aux jeunes des cités, changer leur éducation, revoir totalement les services publics et les moyens qu'on leur accorde. N'est ce pas plus judicieux ? Est ce que ça coute de l'argent à l'Etat ? Non. 40 Milliards d'euros dépensés en 15 ans pour les banlieues, pour quel résultat ? L'important c'est pas la quantité d'argent, mais bien l'utilisation que l'on en fait. Et une nouvelle fois, force est de constater qu'il y a des progrès à faire ! Bayrou est bien vu dans les banlieues *, reste à lui, et au MoDem, de convaincre maintenant. Il y a du travail à faire !
Annexe - Les programmes des candidats de gauche, centre et droite aux présidentielles de 2007 :
Bayrou le mythomane !
Hé oui hé oui mes amis, on pourra dire tout ce qu'on veut, mais Bayrou est un menteur, un fourbe, un démagogue. Comme l'atteste cette vidéo :
Vive Xavier Bertrand, vive l'honnêteté, tout simplement, vive l'UMP !
Bayrou, Sarkozy, l'instituteur, le curé et la chattemite
envoyé par buildfreedom
Chattemite : (n.f.) faire la chattemite, prendre un air modeste, doux, pour mieux tromper ou séduire.
Si vous regardez bien, Bayrou a souvent LE mot qui convient.
jeudi 14 février 2008
Delanoë, un tocard...
Désolé mais je ne fais que répéter ce que j'entends. Apparemment la pintade à roulettes est assez active ces derniers temps. Lien. La vidéo.
PS : En ce moment je tape beaucoup sur la droite, mais la gauche en mérite tout autant. Cela dit, je préfère me concentrer sur le plus voyant et le plus grossier. ^^ Tiens à ce propos ça me fait penser que je devrais peut être évoquer l'affaire Martinon dans un article. Faudrait aussi que je parle du plan banlieue et du rapport Attali. Alala que du retard ! :p
Primaires américaines : Barack Obama prend l'avantage, Mac Cain confirme
Dans les passionnantes primaires américaines, Mac Cain a confirmé qu'il était désormais le grand favori à l'investiture du parti républicain. Coté démocrate, Obama a réalisé le grand chelem en remportant les 8 dernières primaires, il se place désormais en favori pour les prochains scrutins capitaux de l'Ohio, du Texas et de Pensylvanie où Hilary Clinton mise beaucoup. Le suspense risque toutefois de durer jusqu'au vote des super délégués durant l'été à la convention démocrate.
Sondages : Sarkozy en baisse
Sarkozy chute encore de 10 points
Avec seulement 39% de satisfaits contre 49% en janvier, Nicolas Sarkozy poursuit sa chute de popularité. De son côté, Fillon bondit de 7 points avec 52% d'opinions favorables, selon le baromètre Ipsos à paraître jeudi.
C'est le plus mauvais sondage d'opinion, depuis son élection, pour le chef de l'Etat, qui recueille dans un sondage Ipsos 58% (+9) d'opinions défavorables (3% ne se prononcent pas).
Il a perdu 19 points de jugements favorables depuis le mois de novembre où il avait encore 58% de satisfaits dans ce même baromètre.
Il s'agit du dernier d'une série de sondages montrant un décrochage de la cote de popularité du président, dû notamment selon les sondeurs à la déception de l'opinion en matière de pouvoir d'achat et à une surmédiatisation de la vie privée du chef de l'Etat.
Les plus mauvais chiffres jusqu'à présent remontaient à une enquête TNS-Sofres pour Le Figaro Magazine rendue publique le 30 janvier, avec une cote de confiance de 41% contre 55% ne lui faisant pas confiance, les mêmes chiffres se retrouvant le 3 février dans un sondage LH2-Libération.
La popularité du Premier ministre suit une courbe inverse au décrochage présidentiel, avec 52 % de bonnes opinions contre 45 % en janvier et 40 % de défavorables contre 46% en janvier, selon le baromètre Ipsos-Le Point. 8% des sondés ne se prononcent pas.
Le revers de popularité s'étend par contre aux figures politiques de la majorité présidentielle.
Le maire de Paris, Bertrand Delanoë ravit, à la différence de points, la tête du palmarès des hommes politiques avec 63% de bonnes opinions (+3 sur janvier) au ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, qui perd 3 points à 63% (contre 66% en janvier).
Le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, conserve sa troisième place mais perd un point à 58% (59%).
Sondage réalisé les 8 et 9 février par téléphone auprès d'un échantillon national de 944 personnes représentatif de la population française de 18 ans et plus (méthode des quotas). Notice détaillée disponible auprès de la commission des sondages.
http://www.lexpress.fr/info/quotidien/actu.asp?id=465766&xtor=RSS-96

Illustration : Sarkozix
Les caisses sont vides !
Miracle à l'Elysée. Décrétées « vides » par Nicolas Sarkozy le 8 janvier, les caisses de l'Etat se sont subitement remplies pour permettre au gouvernement d'annoncer, mercredi 6 février, un acompte de 200 euros sur la revalorisation annoncée des petites retraites. Dans la foulée, Matignon et l'Elysée ont renoncé à la réforme des taxis contenue dans le rapport Attali, dont le chef de l'Etat s'était engagé à suivre « toutes » les préconisations. Les partisans de M. Sarkozy verront dans cette suite d'ajustements et de reculs une preuve de son habileté politique à un mois d'élections municipales mal engagées pour son camp.
"Bonsoir,
Vous savez tous que j'occupe depuis cette rentrée la fonction de
Principal d'un Collège dit "difficile", classé "Ambition Réussite". 82%
des élèves sont issus de catégories socio-professionnelles très
défavorisées. Un Collège ghetto, avec ses problèmes quotidiens, et les
problèmes de violence dans le quartier.
Je suis très fier d'avoir travaillé pendant plusieurs années à
Meaux (Beauval et Pierre-Collinet), puis à Vaulx-en-Velin pendant 4
ans, et aujourd'hui à la Duchère. Fier d'être fonctionnaire de la
République, d'assumer cette mission de service public tant décriée.
Ce soir, ma fierté m'a abandonné. J'ai honte. J'ai surtout honte
de devoir affronter le regard des professeurs, des surveillants, des
partenaires extérieurs, des parents d'élèves et des élèves.
Vous vous souvenez tous de la promesse de notre président de la
République pour ne pas laisser les "orphelins de 16 heures" à la rue ?
Vous vous souvenez des annonces de M. Darcos, Ministre de
l'Education nationale, à propos de la mise en place de l'accompagnement
éducatif, ce dispositif devant accueillir tous les collègiens de 16
heures à 18 heures ?
La circulaire a paru au journal officiel le 13 juillet 2007. Je
l'ai découverte en détails au moment même où je prenais mes fonctions
au Collège Schoelcher fin août, comme tous mes autres collègues
Principaux de Collèges en Education prioritaire (près de 1500 Collèges
dans toute la France).
Je me suis mis en quatre pour mettre en place ce dispositif, car
je suis un fonctionnaire responsable. J'ai mis mes opinions de citoyen
dans ma poche, et j'ai tout fait pour que ce dispositif soit un succès.
Je rappelle à tous que cet accompagnement éducatif devait
concerner les élèves volontaires, encadrés par des enseignants
volontaires.
Sur 365 élèves, j'ai réussi à en convaincre 225: 61,5 % de l'effectif total. La moyenne dans le Rhône tourne autour de 28 %.
Sur 47 enseignants, j'en ai convaincu 29. Je suis allé solliciter
la MJC du quartier pour mettre en place un atelier de danse urbaine.
J'ai sollicité le Centre social pour mettre conjointement en place
l'aide aux devoirs, 3 fois par semaine. 100 % des élèves de 6ème
étaient inscrits à cette dernière action. J'ai sollicité une compagnie
artistique pour mettre en place un atelier d'écriture. Les professeurs
ont ensuite proposé un atelier de sciences physiques, un club journal
des collégiens, une activité escalade, trois groupes de soutien en
mathématiques, deux groupes de soutien en français. J'étais en
pourparlers avec un club d'échecs et un autre de rugby pour enrichir
l'offre.
J'ai même réussi à débaucher un danseur de la maison de la danse, qui vient de partir pour le cirque du soleil à Las Vegas....
Tout cela a bien sûr un coût. Vous vous en doutez.
L'Inspection académique et le Rectorat nous ont transmis courant
octobre 2007 une enveloppe d'heures pour les professeurs et les
intervenants extérieurs (pour ces derniers, ces heures devaient être
transformées en vacations, payées 15 € de l'heure).
Je disposais de 1476 heures. C'est à partir de cette enveloppe que
je n'avais pas demandé que j'ai construit mon offre. J'ai informé les
parents d'élèves, et le 12 novembre, les actions se sont mises en
place. L'aide aux devoirs avait commencé dès le 20 septembre. Les
élèves étaient pour la plus part d'entre eux très heureux.
Début décembre, j'ai mis en paiement auprès du Rectorat les heures effectuées en septembre, octobre et novembre: 398 heures.
Cet après-midi, mardi 29 janvier 2008, réunion officielle à
l'Inspection académique. L'inspecteur d'Académie préside la réunion,
flanqué de ses deux adjoints et de deux chefs de service. Configuration
inhabituelle. Curiosité puis inquiétude.
L'Inspecteur d'Académie ne le dit pas explicitement, car nous
sommes tous soumis au même devoir de réserve. "Le dispositif n'est pas
supprimé, mais on a réduit la voilure". On a seulement supprimé les
heures pour le faire fonctionner. Au lieu des 1476 heures, je n'en ai
plus que 397 pour terminer l'année scolaire. Cela vient directement du
Ministère. C'est identique dans toutes les Académies, l'Inspecteur
d'Académie nous l'a confirmé, comme s'il voulait nous consoler. Tous
mes collègues sont dans la même stupeur (40 Principaux de Collège
abasourdis).
J'ai dépensé 1 heure de plus que ce à quoi j'ai droit. Et les
heures effectuées en décembre et en janvier ne sont pour l'instant pas
honorées (j'ai compté 221 heures pour ces 2 mois). Je n'en ai plus les
moyens. C'est noble le bénévolat, mais, là, on atteint des limites...
Concrètement, dès lundi prochain, 4 février 2008, toutes les
actions décrites ci-dessus s'arrêteront, faute de moyens. Je ne vous
fais pas de dessin.
Oui, j'ai honte ce soir. Honte pour les élèves. Honte pour les
parents d'élèves. Honte pour les profs. Honte pour les partenaires
exterieurs. Je ne sais toujours pas comment je vais leur annoncer la
chose.
Merci M. Sarkozy pour vos promesses péremptoires. Merci M. Darcos
pour avoir démontré la crédibilité du système éducatif français.
Bonsoir les amis, vive la République.
ELLEOUET jean-Pierre"
Merci à Sarkozix pour les illustrations et à Sylvain Mirouf pour ce tour de magie.


